Quelques jours se passent. Le mystère de Saint-Jacques préoccupe de plus en plus Christina. Est ce une légende, un mythe ou une croyance fondée ?
Le miracle de Saint-Jacques existe. Au IXe siècle les premiers pèlerins partent d’Europe et au moyen d’embarcations, ils rejoignent le nord de l’Espagne. Puis à partir d’Oviedo, ils marchent à pied. Au XIe siècle, c’est grâce à Charlemagne qu’une longue route se trace des Pyrénées jusqu’à SaintJacquesdeCompostelle.
Aujourd’hui dans notre monde agité, perturbé, enclin à la perte de certaines valeurs morales, et alors que la foi tend à s’amenuiser, les pèlerins sont de plus en plus nombreux à partir vers le tombeau de l’apôtre. Ne réinventent ils pas le chemin du pèlerinage ? Quelle est cette force mystérieuse qui les attire à la vitesse d’un aimant ?
« Peu importe la croyance, l’idée est de cheminer jusqu’à Compostelle ! »
A son tour, Christina découvre que, tel un trésor enfoui au plus profond de la terre, l’idée du chemin l’habite. Elle songe à …………….
Page 41 chapitre V
En une nuit, tels les bourgeons qui éclosent dans la campagne, l’idée du pèlerinage a fleuri sur le champ des neurones de Christina.
« Incroyable ! Impensable ! Incompréhensible ! Que s’est il passé dans mon sommeil ? Je n’en ai aucun souvenir. Vraiment aucun. Même pas un rêve ! L’appel vient d’ailleurs. La foi est un acte vivant, une force vitale qui ne s’explique pas. Abraham écoute la parole de Dieu et, sans savoir où il va, quitte son pays. Il se laisse guider par la Lumière. »
L’énergie de l’écrivaine continue de s’accroître de jour en jour. Son esprit flambe. Elle n’en revient pas ! La force mystérieuse qui est quotidiennement au rendez-vous la possède et lui dicte sa démarche. C’est elle qui devient son guide. Conseillère, protectrice, Muse, elle connaît la direction, la voie, le chemin vers lequel Christina doit tendre. Cette force ne serait elle pas le Christ lui-même, qui nous a dit :
“ Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ” (Jean 14, 6) ? ……
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Page 104 chapitre 14
– Je n’ai pas voulu charger mon sac en prenant plus de vêtements, par conséquent je ne peux pas me couvrir davantage. Mais la marche va me réchauffer ! dit Sylvette en activant le pas.
– Ce matin, avant de partir, je n’ai pas oublié de m’enduire le visage de crème solaire et heureusement car les UV sont très actifs, même à travers les nuages ! répond Christina satisfaite de son geste prévoyant.
Il est midi. Les deux dames pèlerins ont de plus en plus de mal à avancer. Le vent devient violent. Sa force s’oppose à l’avancée de leurs pas. Veut-elle les empêcher d’aller plus loin ? Mais au commencement n’était-il pas le souffle qui insuffla la vie?
« Non, non et non ! Nous ne céderons pas à sa force. Serrons notre gouvernail et armons-nous de confiance. L’énergie qui nous anime est bien plus puissante qu’Eole ! » se dit Christina.
Sur le chemin raviné par l’eau, un couple de jeunes anglais les dépasse. Malgré leur sac lourd et la glaise collée à leurs semelles, le vent semble précipiter leurs pas.
Quelle détermination !
Et quelle force ! ajoute Sylvette.
Les boutons-pression sur les côtés de ma cape de pluie ne ferment pas hermétiquement. Je n’ai pas fait attention lorsque j’ai acheté la cape. Le vendeur m’a mal conseillée. Regarde, Sylvette, sous mes bras, le vent s‘engouffre de toutes ses forces. Il redouble sa violence. Comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, je gonfle. Gonfle, gonfle. Je titube. Bien ronde, vais-je décoller ?
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